jeudi, mai 13, 2010

10 énoncés de McLaren dans "A New Kind of Christianity" (2010)

Avertissement : Pour ceux qui désirent comprendre le contexte de l’Église émergente ainsi que du nouveau livre de McLaren veuillez lire le post précédent qui se veut l’introduction à ce résumé. J’ai séparé les deux messages, sachant que certains ne se rendraient peut être pas à la description des points avancé par McLaren dans son livre.

1) Le problème majeur des évangéliques selon McLaren est qu’ils lisent la Bible comme une constitution immuable alors qu’ils devraient la lire comme un narratif, l’histoire de Dieu au travers celle des hommes.

2) Pour McLaren, le Dieu cruel, génocidaire et déterministe trouvé dans l’A.T n’est pas « le dernier mot sur le caractère de Dieu » (p.103). En fait, nous aurions selon lui, au travers l’Ancien (et le Nouveau Testament) la compréhension changeante de l’homme à propos de Dieu. Donc si Dieu demande un génocide dans l’AT, c’est l’homme qui l’aurait compris (à tort) ainsi. Cela revient à la position néo-orthodoxe qui dit que la Bible contient la Parole de Dieu. Le problème avec cette position est de déterminer qui décide ce qui est Parole de Dieu et ce qu’il ne l’est pas. Cette position de « l’Évolution de Dieu » n’est qu’une variante à saveur un peu plus conservatrice de la position des sciences des religions qui dit que le peuple d’Israël est passé au travers son histoire d’un polythéisme, à un dieu tribal à monothéisme bénévolent.

3) La personne de Christ nous pointe vers le dépassement de l’éthique biblique : de la même façon que le Nouveau testament élimine la polygamie, de même nous avons dépassé l’éthique biblique par rapport à l’esclavage, la place des femmes dans la société, notre traitement de la planète et bien sûr, de l’homosexualité. (« The question is complexified from « Is homosexuality right or wrong? » to « How should gay and straight people understand and treat one another in God’s kingdom » (p.180).

4) Si l’enfer est définit comme un lieu de tourments éternel alors Dieu est un psychopathe profond et cruel (p.34-35). Donc l’enfer n’existe pas. « Now remember, in making this contrast, I’m not trying to defend the view of God in the Noah story as morally acceptable, ethically satisfying, and theologically mature » (p.110).

5) McLaren accuse les évangéliques d’interpréter Jésus à la lumière d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de 2000 ans de théologie et propose d’interprétation Jésus à partir de l’AT (pp.35-36, p.120-126). Néanmoins, dans la réalité il interprète Jésus à la lumière de John Dominic Crossan, Marcus Borg et d’autres pour qui le Jésus des évangiles n’a pas même de ressemblance au « vrai Jésus ».

6) Le concept de la chute et de la rédemption n’est pas un concept biblique mais la surimposition de la philosophie platoniste et néo-platoniste sur la Bible (p.33 et suivante).

7) Mclaren avance une nouvelle version de l’universalisme. En bout de ligne, tout le monde sera sauvé car le jugement n’est pas une condamnation « As a first step in seing judgment in our new eschatological context, we must stop defining it as condemnation » (p.203) [Judment] means reconciling and restoring » (p.204). Dans son concept, ce sont les parties en nous qui sont mauvaises qui seront brulées pour ne garder que le bon et le semblable à Christ (p.204) et ce, dans les gens de toutes les religions.

8) L’Évangélisation n’est plus vraiment nécessaire : « Evangelism would cease to be a matter of saving souls from a bad ending[…] It would cease to be a proclamation of the superiority of the Christian religion.» (p.216). L’Évangile est la proclamation du Royaume. Le Royaume redéfinit par McLaren est le fait le monde devient de meilleur en meilleur en participant et en suivant l’exemple du Christ.

9)Dans la réalité McLaren (p.201) propose un genre de postmillénarisme tout en rejetant le terme. Pourquoi ? parce que dans la notion du postmillénarisme il y a déterminisme - quoique triomphal : Dieu a décrété que la fin serait mieux. McLaren s’oppose à tout déterminisme de la part de Dieu (ça enlèverait toute liberté et mettrait sur le dos de Dieu la responsabilité d’avoir créé (ou permis) le mal. Il doit donc embrasser la perspective de l’Open Theism. Il propose une eschatologie participatoire où Dieu nous accompagne toujours dans une direction où il y a davantage d’espoir.

10) McLaren finit par renier la seconde venue du Christ (p.198-199). Se basant sur l’interprétation de NT Wright de Matthieu 24, nous ne devons pas attendre un retour de Jésus (ce que même Wright lui-même ne va pas jusqu’à dire). Il attribue la parousie à la présence de Christ dans l’Église et dans la destruction du temple en 70.

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